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Par Adam Pasick
NEW YORK (Reuters) - Après la Guerre du Golfe de 1991, qui avait
consacré les chaînes d'information continue, un deuxième
conflit dans la région pourrait marquer l'ouverture d'une nouvelle
ère médiatique: celle des "blogues", ces sites
web faciles à créer, mêlant informations et points
de vue personnels.
De même que CNN a bâti sa réputation par sa couverture
en direct de la Guerre du Golfe depuis la capitale irakienne, les blogues
(de l'anglais blog, contraction de Web log), ou jouebs (pour "journal
sur le web"), pourraient s'avérer des outils utiles en cas
de nouvelle intervention militaire contre Bagdad.
Ils représenteraient une alternative à une communication
institutionnelle généralement opacifiée en temps
de guerre, offrant une diversité d'informations et d'opinions.
"Le principal rôle des blogues, si on en juge par ce qui s'est
passé pendant la guerre en Afghanistan, est de rassembler des éléments
qui ne sont pas apparus dans les médias grand public et de revenir
sur des analyses idiotes de la situation en montrant en quoi elles sont
fausses", explique Glenn Reynolds, dont le blogue (http://www.instapundit.com)
est l'un des plus reconnus.
Les créateurs de blogues ne font généralement pas
mystère de leurs tendances idéologiques. Libres aux internautes
d'accorder leur confiance à l'un ou à l'autre. "C'est
avant tout basé sur la réputation du blogue", estime
Reynolds.
Pour certains experts des médias, le scepticisme reste de mise.
Ils doutent notamment de la capacité des rédacteurs de jouebs
à accéder à des informations inédites ou à
se placer en première ligne médiatique.
"Bien sûr, les militaires vont dire (...) vous pourriez être
n'importe qui -- il se peut même que vous soyez d'al Qaïda
pour autant que nous sachions -- et vos promesses de vous soumettre à
nos règles ne valent pas cher", estime pour sa part Jane Kirtley,
professeur de déontologie des médias et de droit à
l'université du Minnesota. "Le rôle des blogues va probablement
être davantage de rapporter ce que nous appelons des informations
de seconde main", souligne Reynolds.
L'EXEMPLE DE L'AFGHANISTAN
Dans certains cas, des soldats ont créé leurs propres sites
pour partager des informations avec leurs amis et leur famille, toujours
dans la limite de ce qu'ils pouvaient révéler.
Un blogue créé par des soldats en Afghanistan, initialement
accessible à www.172med.org, a dû changer d'adresse après
avoir été submergé par les lecteurs dans le monde
entier.
Maintenant accessible à logwarrior.com (http://www.logwarrior.com),
le site raconte la vie quotidienne des soldats, comme par exemple comment
s'est déroulée leur soirée de Thanksgiving et leurs
expéditions pour faire du shopping dans les villes voisines.
L'armée américaine dispose elle aussi de son propre joueb
sur ses opérations en Afghanistan (http://www.americasarmy.com/archives/afghanistan_weblog/bomb.php).
Ce site, qui fait partie intégrante de sa stratégie de communication
afin d'attirer de nouvelles recrues, a même été agrémenté
d'un jeu vidéo.
Si les rédacteurs de blogues compilent les informations trouvées
sur le web sur un sujet donné, offrant un ensemble de liens hypertextes
à leurs visiteurs, ils profitent également des informations
données par les internautes.
"Au début du mois de novembre, j'ai reçu du courrier
électronique de gens sur le front (en Afghanistan)", explique
Glenn Reynolds. Si une nouvelle opération était déclenchée
en Irak, "les blogueurs recevront probablement beaucoup d'e-mails".
Le cas échéant cependant, il ne faut pas s'attendre à
ce que les auteurs de jouebs soient parachutés sur Bagdad. D'autant
plus qu'il y en a déjà un sur place, qui publie des descriptions
de la vie quotidienne en Irak à l'adresse Where_Is_Raed? (http://where_is_raed.blogspot.com/).
Critiquant le dossier britannique sur la violation des droits de l'Homme
par le gouvernement irakien publié cette semaine, l'auteur du blogue
écrit: "Merci de votre vif intérêt pour la situation
des droits de l'Homme dans mon pays, merci d'avoir été aveugles
pendant 30 ans (....) merci de ne pas vous être préoccupés
du développement d'armes chimiques par un timbré alors que
vous saviez qu'il était timbré
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