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LONDRES (Reuters) - Peut mieux faire, à revoir:
tel est le verdict prévisible rendu par le chancelier de l'Echiquier
Gordon Brown sur les cinq tests économiques qu'il avait définis
en 1997 dans l'optique d'une adhésion éventuelle à
la monnaie unique européenne.
Mais Brown aura surpris les détracteurs de la monnaie unique en
ajoutant que le débat sur un sujet oh combien épineux pourrait
prendre une autre tournure l'an prochain.
"Appartenir à une monnaie unique qui réussit serait
un avantage pour le peuple britannique aussi bien que pour l'Europe",
a-t-il dit.
"C'est une décision aux conséquences incalculables
parce qu'elle est irréversible, l'une des décisions économiques
les plus chargées de sens que notre pays ait à prendre".
Dans un document de près de 250 pages, Brown explique pourquoi
la Grande-Bretagne n'est pas prête à rejoindre la zone euro.
Un seul test s'est révélé positif: celui de savoir
si l'euro serait bon pour les services financiers. Il l'avait déjà
été en 1997.
Le Trésor conclut aussi que le troisième test - l'euro est-il
bon pour l'investissement? - serait rempli si l'on parvenait à
une convergence durable.
Certes des progrès en vue de la convergence ont été
réalisés depuis 1997 mais Londres est une fois encore passé
à côté de ses exigences et le Trésor admet
également que l'économie britannique n'est pas encore assez
souple pour s'accommoder de l'union monétaire, même si là
encore des progrès ont été accomplis.
Dans ces conditions adhérer à la monnaie unique pourra apporter
des avantages non négligeables en termes de production et d'emploi
mais seulement lorsque la convergence sera devenue une réalité
bien tangible, poursuit le Trésor.
Les tests pourraient être réexaminés dès le
début de l'année prochaine et, s'ils sont positifs, pourraient
déboucher sur un référendum, a poursuivi Brown.
SUBTIL COMPROMIS
"L'opinion du gouvernement est que si le dossier économique
est clair et dépourvu de toute ambiguïté, alors la
question constitutionnelle, tout en demeurant un facteur de décision,
ne devrait pas constituer une obstacle à l'adhésion",
dit-il.
"Si, sur la base des cinq tests économiques, l'adhésion
à l'euro se révèle bonne pour soutenir l'emploi britannique,
les entreprise britanniques et la prospérité future des
Britanniques, alors il sera économiquement fondé et dans
l'intérêt national d'adhérer".
Brown et le Premier ministre Tony Blair doivent donner mardi une conférence
de presse commune pour marteler ce message et étouffer la rumeur
de divergences entre eux.
Ed Ball, le conseiller économique de Brown, a dit que Londres pourrait
dorénavant faire état annuellement, dans les futures lois
de finances, de l'état des progrès accomplis en vue de la
convergence économique avec la zone euro. Le chancelier a d'ailleurs
déclaré qu'un tel état des progrès figurerait
dans le budget de l'an prochain.
De l'avis des analystes, le verdict délivré lundi représente
un subtil compromis prenant en compte à la fois la crainte de Brown
de voir remis en cause ses résultats au point de vue de l'économie
intérieure et le sentiment de Blair suivant lequel la "destinée"
de la Grande-Bretagne est d'adopter l'euro et d'être au coeur de
l'Europe.
Mais dans la perspective d'un référendum, Londres aura du
mal à convaincre les euro-sceptiques. Les sondages montrent que
les deux tiers des Britanniques veulent conserver la livre, craignant
avec sa disparition une érosion de leur souveraineté.
A la lecture des quelque 1.700 pages d'études rendues publiques
lundi matin par le Trésor, on constate en particulier que Londres
juge que l'Union européenne est à la traîne de la
Grande-Bretagne en matière de souplesse du marché de l'emploi
et que ses progrès sont lents.
Selon ce rapport, l'économie britannique est ainsi davantage en
phase avec celle des Etats-Unis qu'avec celle de l'Union européenne.
L'avantage d'adopter la monnaie unique serait toutefois patent, en termes
d'échanges commerciaux surtout.
EURO-STERLING: 1,37
Le gouvernement britannique s'est en outre engagé dans un nouveau
programme de réforme pour s'assurer précisément qu'il
y aura plus de convergence à l'avenir et le principal changement
pour l'heure est l'adoption de l'Indice des prix de détail harmonisé
pour l'objectif d'inflation symétrique de la Banque d'Angleterre
lors du prochain rapport pré-budgétaire attendu en novembre.
Toutefois, les retraites, prestations sociales et valeurs du Trésor
liées à l'évolution de l'indice des prix de détail
resteront attachés à l'ancienne définition de l'inflation.
Le Trésor veut également améliorer le fonctionnement
du marché immobilier par des réformes qui joueront à
la fois sur l'offre et la demande. Le vent réformiste touchera
également la politique budgétaire dans l'optique d'une plus
grande efficacité.
L'évaluation du Trésor repose sur une parité praticable
sterling-euro de 1,37 et sterling-dollar de 1,59.
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